Philippe Léotard
Demi-mots amers
 
       
 

 

1 . In casa me (4'16)
2 . Madame (3'47)
3 . Jolie groupie (4'18)
4 . Souviens-toi (4'07)
5 . Quinquagénaire (2'47)
6 . Papa tu parles trop (4'10)
7 . Le pou se fout de tout (3'42)
8 . Bateau ivre (6'42)
9 . Nos chagrins (4'25)
10. Faut que j'te cause (3'28)
11. Verrà la morte (4'27)
12. Ancien combattant (10'08)

 
   
 
 

L'Evénement du Jeudi
"La dernière fois, on s'était dit que ce serait la dernière, que ce génial enfant de Philippe Léotard ne saurait pas revenir à notre âge adulte et qu'on ne le reverrait plus. Mais le revoici avec un nouveau disque, à la fin du mois d'avril. "Demi-mots amers" porte bien son titre, série de variations sur le même thème de l'âge qui avance, de la douleur qui s'étend, des regrets qui s'alourdissent, de l'amour qui se teinte trop d'indulgence pour rester tout à fait libre... Disque fourbu et fier, qui s'achève par la reprise du génial Ancien combattant de Zao. C'est d'autant plus drôlement drôle que Zao, star d'une saison en France et personnalité attachante de la chanson africaine, a tout perdu dans la guerre civile au Congo. D'un blessé à un autre, d'une plaisanterie à un sourire grave, en voici des symboles..." Emmanuel Sepchat

Le Nouvel Observateur
"...En effet, tout au long de l'album à la pochette toute noire, sur des musiques de Philippe Servain, Léotard clame sa détresse, jouant ses textes plus que ne les chantant, à la manière d'un Bernard Dimey ou d'un Reggiani. Outre ses chansons d'amour désespérées, une poignante "complainte corse", une chanson sensuelle sur le thème de la mort, ("Verra la morte"), il faut l'entendre réciter le bateau ivre de Rimbaud..." Sophie Delassein

Télérama
"...Grand bonhomme, Philippe Léotard. Un des rares dignes frangins de la race Ferré - en voie d'extinction, n'étaient quelques rebelles récalcitrants au rabot : Mano Solo et Léotard donc, ce grand gosse sexagénaire, cet homme debout, armé de sa seule colère. Il a fondé le Théatre du soleil avec Mouchkine, l'aurait-on oublié ? Et joué, et écrit, et chanté, Ferré entre autres, lui surtout. Chanté : parlé plutôt, gueulé parfois, sur les musiques incendiées de Philippe Servain, les yeux clos sur son accordéon. Il y a quatre ans, Philippe Léotard sortait un album sans ce dernier, Je rêve que je dors, moins fort, mais toujours tempétueux. 2000 est venu, il revient. Avec Servain. Et presque, sans sa voix, vacillant souvent à côté du tempo. Blessée, comme l'homme l'est. de naissance dirait-on. Léotard est de ceux là qui se font tout seuls mordre la poussière, succombent aux coups qu'ils se portent. Ce sont les ravages de ce combat gagné d'avance que l'on entend dans son timbre fatigué. Que l'on entend d'autant mieux qu'il est serti dans un écrin de soufflets et de cordes, de claviers et de cuivres soigneusement construit par Philippe Servain, le violoniste Pierre Blanchard, les guitares flamencas de Daniel Gonzales-Manzanas, entre autres. Ballades, baloche, reggae - " pas très gai " -, rocks rugueux et, d'abord. Echos corses - la Complainte corse du début de l'album, hommage de Léotard à la terre-mer de son enfance, est interprétée aussi par le groupe A Filetta - épaulent le soliloque. Hormis la première plage, le Bateau ivre de Rimbaud (superbe interprétation) et le féroce Ancien Combattant du Congolais Zao, tous ces Demi-mots amers sont de Léotard. Et si sa voix titube, de fatigue, de tristesse, d'anciens alcools, sa colère bande encore. Tempête toujours. Il se fout de lui, et d'a peu près tout, sauf de sa fille Faustine. Sourit à l'oubli. Regarde venir la mort. Guère amer, il espère encore, se moque, émeut. Ce n'est pas un grand disque au sens habituel du terme ; c'est le bras d'honneur d'un grand bonhomme à toutes les vanités, tous les faux-semblants, des vies et des chants..."
Anne-Marie Paquotte

Le Monde De La Musique
"...Il semble que l'on a toujours connu Philippe Léotard au plus près de certaines limites. Vivre paraît lui être une épreuve qu'il surmonte seulement par le vertige, la nausée, le trop-plein. De loin en loin, il fait oeuvre de cette folie d'enfant. Par exemple ce disque, qui énumère des blessures, ou plutôt ces tâches, ces meurtrissures, ces tavelures qui viennent aux fruits que l'on a trop tardé à cueillir. Philippe Léotard s'adresse à des femmes qu'il ne sait tout à fait aimer, et dont il guette l'indulgence, à sa fille qui le voit faible, à son âge qui le nargue. Vieux teenager épris d'adolescence, il chante Le Bateau ivre de Rimbaud et consulte la mémoire de ses indécences et de ses naufrages. Le tableau, malgré l'amertume de son titre, dégage une sorte de gaieté tortueuse et affairée, une foncière légèreté. Tout cabossé et complaisant qu'il puisse paraître parfois, cet autoportrait en perdant quinquagénaire est suffisamment orgueilleux et roublard pour apparaître surtout comme un bon disque..." Bertrand Dicale

Libération
"...Le visage de Léo Ferre hante, telle la statue du Commandeur, l'oeuvre de Philippe Léotard. Régulièrement le comédien y revient. En 1994, Léo chante Ferré. En sublimant ainsi le poête à la crinière blanche, Léotard règle la question oedipienne et permet qu'on l'écoute différemment après un premier essai salué A l'amour comme à la guerre en 1992. Puis s'en éloigne avec Le rêve que je dors (1996), escapade nécessaire pour se retrouver magnifiquement avec soi-même. Dans Demi mots amers le grand brûlé ne reprend pas l'auteur de Monsieur William, Mais en reste fortement imprégné: son accordéoniste Philippe Servain met en musique le Bateau ivre, et sa jolie Groupie résonne de troublants échos avec Jolie Môme et Petite. Sinon, les mêmes interrogations de ce quinquagénaire esseulé (Madame) chahutent des blues vespéraux mâtinés de litanies corses (Complainte corse) et de colorations reggae, voire trip-hop..." Ludovic Perrin

Blah Blah
Philippe Léotard est un artiste au sens noble du terme, atypique et complet. A l'image de Reggiani, il a commencé sa carrière au théâtre puis a été révélé au grand public par le cinéma. Dans les années 80, il met à profit ses talents de comédien au service de la chanson et signe A l'amour comme à la guerre, un premier album qui sera dans la foulée Grand prix de l'académie Charles Cros. Philippe Léotard se crée peu à peu un personnage d'alcoolo, d'anarchiste à fleur de peau, limite, toujours à la frontière de la rupture, du suicide, signant sur chaque album des chansons d'exception grâce à ses talents multiples. Aujourd'hui, il vient de réussir un nouvel album qui se promène entre reggae, blues et chanson bastringue, avec des textes remarquables, d'une élégance et d'une profondeur rares. Demi-mots amers a été arrangé et composé par Philippe Servain, son accordéoniste de toujours. Un album hors du temps pour les amoureux de poésie contemporaine. Bernard Filipetti

Epok
"...Philippe Léotard... Demi-mots amers Cap vers la Corse et l'Afrique pour le plus authentique et le plus déjanté des chanteurs actuels. Entre pathétique et sublime. Gorgone Production..." Yann Plougastel

La Voix Du Nord
"...Voix de guingois et mélancolie au corps, Philippe Léotard exprime ses amertumes, dans ce troisième album. Un disque qui s'ouvre sur une complainte corse et se poursuit sur la complainte de sa vie : les blessures, les joies, l'âge qui passe, les excès et les pudeurs. C'est un bilan à la moitié d'un siècle. Si la voix accuse tous les abus de la Terre, Si elle vacille parfois, elle est terriblement vivante et raconte des histoires cruelles avec poésie. " Je suis à tant I Et tant d'adolescences I Tant d'instant d'indécence I Que le temps a perdu le droit de me cacher I La nuit me fuit I Le lour me chasse... " (Souviens-toi). Philippe Léotard conte des amours désabusées, ou la fraicheur d'une rencontre. Plus loin, Léotard reprend Le Bateau ivre de Rimbaud, puis Ancien Combattant du chanteur africain Zao, qui rend hommage aux tirailleurs sénégalais. L'émotion étreint parfois la gorge de I'auteur-chanteur. La musique valse entre reggae et mélancolie, et offre aux paroles amères un écrin de velours..." Anne Courtel

 
       
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