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L'Evénement
du Jeudi
"La
dernière fois, on s'était dit que ce serait la dernière,
que ce génial enfant de Philippe Léotard ne saurait pas
revenir à notre âge adulte et qu'on ne le reverrait plus.
Mais le revoici avec un nouveau disque, à la fin du mois d'avril.
"Demi-mots amers" porte bien son titre, série de variations
sur le même thème de l'âge qui avance, de la douleur
qui s'étend, des regrets qui s'alourdissent, de l'amour qui se
teinte trop d'indulgence pour rester tout à fait libre... Disque
fourbu et fier, qui s'achève par la reprise du génial Ancien
combattant de Zao. C'est d'autant plus drôlement drôle
que Zao, star d'une saison en France et personnalité attachante
de la chanson africaine, a tout perdu dans la guerre civile au Congo.
D'un blessé à un autre, d'une plaisanterie à un sourire
grave, en voici des symboles..." Emmanuel Sepchat
Le
Nouvel Observateur
"...En effet, tout au long de l'album à la pochette toute
noire, sur des musiques de Philippe Servain, Léotard clame sa détresse,
jouant ses textes plus que ne les chantant, à la manière
d'un Bernard Dimey ou d'un Reggiani. Outre ses chansons d'amour désespérées,
une poignante "complainte corse", une chanson sensuelle sur
le thème de la mort, ("Verra la morte"), il faut l'entendre
réciter le bateau ivre de Rimbaud..." Sophie
Delassein
Télérama
"...Grand bonhomme, Philippe Léotard. Un
des rares dignes frangins de la race Ferré - en voie d'extinction, n'étaient
quelques rebelles récalcitrants au rabot : Mano Solo et Léotard donc,
ce grand gosse sexagénaire, cet homme debout, armé de sa seule colère.
Il a fondé le Théatre du soleil avec Mouchkine, l'aurait-on oublié ? Et
joué, et écrit, et chanté, Ferré entre autres, lui surtout. Chanté : parlé
plutôt, gueulé parfois, sur les musiques incendiées de Philippe Servain,
les yeux clos sur son accordéon. Il y a quatre ans, Philippe Léotard sortait
un album sans ce dernier, Je rêve que je dors, moins fort, mais toujours
tempétueux. 2000 est venu, il revient. Avec Servain. Et presque, sans
sa voix, vacillant souvent à côté du tempo. Blessée, comme l'homme l'est.
de naissance dirait-on. Léotard est de ceux là qui se font tout seuls
mordre la poussière, succombent aux coups qu'ils se portent. Ce sont les
ravages de ce combat gagné d'avance que l'on entend dans son timbre fatigué.
Que l'on entend d'autant mieux qu'il est serti dans un écrin de soufflets
et de cordes, de claviers et de cuivres soigneusement construit par Philippe
Servain, le violoniste Pierre Blanchard, les guitares flamencas de Daniel
Gonzales-Manzanas, entre autres. Ballades, baloche, reggae - " pas très
gai " -, rocks rugueux et, d'abord. Echos corses - la Complainte corse
du début de l'album, hommage de Léotard à la terre-mer de son enfance,
est interprétée aussi par le groupe A Filetta - épaulent le soliloque.
Hormis la première plage, le Bateau ivre de Rimbaud (superbe interprétation)
et le féroce Ancien Combattant du Congolais Zao, tous ces Demi-mots amers
sont de Léotard. Et si sa voix titube, de fatigue, de tristesse, d'anciens
alcools, sa colère bande encore. Tempête toujours. Il se fout de lui,
et d'a peu près tout, sauf de sa fille Faustine. Sourit à l'oubli. Regarde
venir la mort. Guère amer, il espère encore, se moque, émeut. Ce n'est
pas un grand disque au sens habituel du terme ; c'est le bras d'honneur
d'un grand bonhomme à toutes les vanités, tous les faux-semblants, des
vies et des chants..." Anne-Marie
Paquotte
Le
Monde De La Musique
"...Il
semble que l'on a toujours connu Philippe Léotard au plus près de certaines
limites. Vivre paraît lui être une épreuve qu'il surmonte seulement par
le vertige, la nausée, le trop-plein. De loin en loin, il fait oeuvre
de cette folie d'enfant. Par exemple ce disque, qui énumère des blessures,
ou plutôt ces tâches, ces meurtrissures, ces tavelures qui viennent aux
fruits que l'on a trop tardé à cueillir. Philippe Léotard s'adresse à
des femmes qu'il ne sait tout à fait aimer, et dont il guette l'indulgence,
à sa fille qui le voit faible, à son âge qui le nargue. Vieux teenager
épris d'adolescence, il chante Le Bateau ivre de Rimbaud et consulte la
mémoire de ses indécences et de ses naufrages. Le tableau, malgré l'amertume
de son titre, dégage une sorte de gaieté tortueuse et affairée, une foncière
légèreté. Tout cabossé et complaisant qu'il puisse paraître parfois, cet
autoportrait en perdant quinquagénaire est suffisamment orgueilleux et
roublard pour apparaître surtout comme un bon disque..." Bertrand
Dicale
Libération
"...Le
visage de Léo Ferre hante, telle la statue du Commandeur, l'oeuvre de
Philippe Léotard. Régulièrement le comédien y revient. En 1994, Léo chante
Ferré. En sublimant ainsi le poête à la crinière blanche, Léotard règle
la question oedipienne et permet qu'on l'écoute différemment après un
premier essai salué A l'amour comme à la guerre en 1992. Puis s'en éloigne
avec Le rêve que je dors (1996), escapade nécessaire pour se retrouver
magnifiquement avec soi-même. Dans Demi mots amers le grand brûlé ne reprend
pas l'auteur de Monsieur William, Mais en reste fortement imprégné: son
accordéoniste Philippe Servain met en musique le Bateau ivre, et sa jolie
Groupie résonne de troublants échos avec Jolie Môme et Petite. Sinon,
les mêmes interrogations de ce quinquagénaire esseulé (Madame) chahutent
des blues vespéraux mâtinés de litanies corses (Complainte corse) et de
colorations reggae, voire trip-hop..." Ludovic
Perrin
Blah
Blah
Philippe
Léotard est un artiste au sens noble du terme, atypique et complet. A
l'image de Reggiani, il a commencé sa carrière au théâtre puis a été révélé
au grand public par le cinéma. Dans les années 80, il met à profit ses
talents de comédien au service de la chanson et signe A l'amour comme
à la guerre, un premier album qui sera dans la foulée Grand prix de l'académie
Charles Cros. Philippe Léotard se crée peu à peu un personnage d'alcoolo,
d'anarchiste à fleur de peau, limite, toujours à la frontière de la rupture,
du suicide, signant sur chaque album des chansons d'exception grâce à
ses talents multiples. Aujourd'hui, il vient de réussir un nouvel album
qui se promène entre reggae, blues et chanson bastringue, avec des textes
remarquables, d'une élégance et d'une profondeur rares. Demi-mots amers
a été arrangé et composé par Philippe Servain, son accordéoniste de toujours.
Un album hors du temps pour les amoureux de poésie contemporaine. Bernard
Filipetti
Epok
"...Philippe Léotard... Demi-mots amers Cap
vers la Corse et l'Afrique pour le plus authentique et le plus déjanté
des chanteurs actuels. Entre pathétique et sublime. Gorgone Production..."
Yann Plougastel
La Voix Du Nord
"...Voix
de guingois et mélancolie au corps, Philippe Léotard exprime ses amertumes,
dans ce troisième album. Un disque qui s'ouvre sur une complainte corse
et se poursuit sur la complainte de sa vie : les blessures, les joies,
l'âge qui passe, les excès et les pudeurs. C'est un bilan à la moitié
d'un siècle. Si la voix accuse tous les abus de la Terre, Si elle vacille
parfois, elle est terriblement vivante et raconte des histoires cruelles
avec poésie. " Je suis à tant I Et tant d'adolescences I Tant d'instant
d'indécence I Que le temps a perdu le droit de me cacher I La nuit me
fuit I Le lour me chasse... " (Souviens-toi). Philippe Léotard conte des
amours désabusées, ou la fraicheur d'une rencontre. Plus loin, Léotard
reprend Le Bateau ivre de Rimbaud, puis Ancien Combattant du chanteur
africain Zao, qui rend hommage aux tirailleurs sénégalais. L'émotion étreint
parfois la gorge de I'auteur-chanteur. La musique valse entre reggae et
mélancolie, et offre aux paroles amères un écrin de velours..."
Anne
Courtel
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